Conception Process
Processus de conception pour eau, forage et assainissement
Méthode en étapes pour maîtriser enjeux sanitaires, obligations administratives et responsabilités, identifier interlocuteurs et préparer diagnostics, déclarati
| Famille | Conception Process |
|---|---|
| Publié le | 04.09.2026 |
| Mis à jour le | 07.09.2026 |
| Lecture | 8 min de lecture |
| Signé | Lucas Bernard |
Concevoir le process d’une installation eau/forage/assainissement demande une méthode claire. Cette page explique les étapes, les obligations administratives et les points de vigilance pratiques avant de consulter un professionnel ou les autorités compétentes.
Pourquoi concevoir un process ?

Concevoir un process sert à maîtriser les enjeux sanitaires, réglementaires et opérationnels d’une installation. Les risques touchent la potabilité, la santé des usagers et la conformité administrative. Ils peuvent aussi affecter la continuité de la ressource et la compatibilité avec l’assainissement non collectif.
Un process bien conçu permet d’identifier qui contacter à chaque étape : la mairie pour les déclarations, le SPANC pour l’assainissement non collectif, l’ARS pour les questions de potabilité, et le BRGM pour les aspects liés aux forages et à la déclaration au titre du code minier.
Le schéma de conception protège contre des choix techniques inadaptés et facilite la validation par les autorités. Il sert de fil conducteur pour les diagnostics, les demandes d’autorisation et les contrôles à venir.
Vue d’ensemble du process : étapes séquentielles
Le process se présente en étapes claires et successives. Chaque étape a une fonction définie et des interlocuteurs privilégiés. La page décrit la méthode sans fournir de prescriptions techniques chiffrées, qui relèvent des fiches techniques constructeurs ou des bureaux d’études.
Étapes principales : diagnostic du site ; choix de la source d’eau ; collecte et stockage ; pompage et distribution ; traitement éventuel ; évacuation et rejet ; contrôle, maintenance et déclarations administratives. Pour chaque étape, il faut prévoir qui est responsable et quels documents produire.
La responsabilité administrative est partagée selon l’objet : la déclaration de prélèvement domestique se fait en mairie (voir article L2224-9 du Code général des collectivités territoriales). Les forages profonds impliquent des démarches spécifiques auprès du BRGM et de DUPLOS au titre du code minier.
Ce panorama sert à cadrer le projet avant d’engager des études techniques. Il facilite la préparation des dossiers de consultation et la transmission d’informations aux autorités (mairie, SPANC, ARS, BRGM).
Étape 1 — Diagnostic du site et contraintes
Le diagnostic débute par la collecte des documents locaux : plans cadastraux, servitudes, règlement PLU, règlement SPANC. Ces documents indiquent les contraintes d’implantation, les servitudes et les prescriptions locales qui peuvent contraindre la conception.
Il faut vérifier la nature du sous-sol et la présence de nappes. Pour obtenir des données géologiques et hydrogéologiques, s’adresser au BRGM ou consulter la Banque du Sous-Sol. Pour les forages dont la profondeur excède 10 m, la déclaration au titre du code minier via DUPLOS est requise.
La mairie doit être contactée dès le stade de projet pour la déclaration de prélèvement. Le SPANC doit être sollicité si le projet concerne ou croise un dispositif d’assainissement non collectif. L’ARS intervient en cas de questions liées à la potabilité d’une source privée.
Documents à rassembler : plans, règlement SPANC, diagnostics existants et toute information sur servitudes et zones protégées. Ces pièces facilitent l’instruction des demandes et la consultation des autorités.
Étape 2 — Choix de la source et obligations administratives
Le choix entre forage, puits ou récupération d’eau de pluie dépend du contexte local et des usages envisagés. Toute option impose des déclarations et des vérifications réglementaires avant mise en service.
La déclaration en mairie d’un prélèvement domestique est une obligation issue de l’article L2224-9. Pour les forages profonds, la procédure DUPLOS du BRGM gère la déclaration au titre du code minier et l’enregistrement dans la Banque du Sous-Sol.
La récupération d’eau de pluie et l’utilisation d’eaux impropres sont encadrées par le décret n°2024-796 et par l’arrêté du 12 juillet 2024. Ces textes introduisent des classes de qualité A et A+ et comportent des interdictions d’usage à caractère alimentaire et d’hygiène corporelle. Les paramètres techniques précis de ces classes ne sont pas publiés ici et ne doivent pas être cités sans source primaire.
Checklist administrative : déclarer en mairie selon L2224-9 ; solliciter DUPLOS pour les forages concernés ; consulter le règlement SPANC et la préfecture si des démarches spécifiques sont requises localement. Conserver récépissés et autorisations pour l’instruction ultérieure.
Étape 3 — Pompage et distribution : méthode de conception
La conception du pompage et de la distribution suit une méthode : définir les besoins en débit, établir la hauteur totale à compenser (HMT) et identifier les pertes de charge dans le réseau. Ces éléments servent à choisir une pompe en lisant la courbe constructeur et en confrontant fonctionnement et contraintes du site.
Il faut distinguer les grandes familles de pompes selon leur usage : pompe de surface, pompe immergée, pompe de relevage. Cette distinction porte sur la fonction et sur les limites conceptuelles d’emploi ; elle ne doit pas être traduite en prescriptions chiffrées sur profondeur d’aspiration ou hauteur d’aspiration sans référence technique fiable.
Le NF DTU 60.11 concerne le dimensionnement des réseaux de plomberie à l’intérieur des bâtiments. Il ne doit pas être utilisé pour justifier le choix d’une pompe ou pour établir des paramètres de pompage extérieurs au bâtiment.
Bloc méthode « Choix d’une pompe » : se référer au bloc prêt à l’emploi fourni dans le dossier d’expertise pour la méthode détaillée de sélection en fonction des besoins et des documents constructeurs.
Étape 4 — Traitement et conformité sanitaire
Aucun appareil domestique ne peut être présenté comme garantissant formellement la potabilité d’une eau. L’analyse en laboratoire et les décisions de l’ARS restent nécessaires pour établir la conformité sanitaire d’une source privée.
Les traitements peuvent être classés selon leur fonction : prétraitement mécanique (dégrillage, décantation), traitements biologiques ou physiques (fosses, micro-stations) et filtration ou désinfection finale. Chaque technologie doit être choisie en fonction du diagnostic et des prescriptions du SPANC ou de l’ARS.
Le marquage CE d’un dispositif ne se substitue pas aux agréments ministériels requis pour certains équipements d’assainissement non collectif. Avant installation, vérifier l’agrément du dispositif via les sources officielles compétentes.
Étape 5 — Assainissement et rejet des effluents
La fosse toutes eaux assure un prétraitement. Selon le projet, un dispositif de traitement complémentaire ou une micro-station agréée peut être exigé. Le SPANC assure le contrôle de conformité et suit les prescriptions techniques issues de l’arrêté du 7 septembre 2009 et des modalités de contrôle fixées par l’arrêté du 27 avril 2012.
Pour valider un projet ANC, il convient de présenter au SPANC le dossier complet contenant plans, nature du sol, schéma d’évacuation et choix des dispositifs. La conformité finale dépend du règlement de service local et des prescriptions communales.
Étape 6 — Mise en service, carnet sanitaire et maintenance
Le carnet sanitaire est une exigence pour les systèmes utilisant des eaux impropres et figure dans le cadre réglementaire issu de l’arrêté du 12 juillet 2024. Il doit rassembler les documents relatifs à l’installation, les dates d’intervention et les résultats d’analyses.
L’entretien courant et la maintenance doivent être planifiés. Certaines opérations de maintenance sont prévues par les textes et par les recommandations des fabricants ; elles doivent être inscrites dans le carnet sanitaire et réalisées par des professionnels compétents.
Les contrôles à prévoir incluent des analyses, des vérifications d’étanchéité et des relevés de surveillance. Pour la périodicité et le contenu exact des contrôles, se référer à l’ARS, au SPANC et aux prescriptions applicables localement.
Cas particuliers et points de vigilance
Vente du bien : le diagnostic de l’assainissement non collectif doit respecter les obligations légales applicables à la transaction immobilière. Le diagnostic ANC pour la vente est encadré par le droit de la santé publique et ses articles de référence.
Forage en zone protégée ou dans des secteurs soumis à servitude environnementale : consulter le BRGM et la direction départementale des territoires et de la mer (DDT(M)) pour connaître les prescriptions locales. Certaines zones exigent des autorisations spécifiques ou des mesures de protection renforcées.
Fonctionnement discontinu des systèmes (résidences secondaires) : prévoir une attention particulière au dimensionnement et à la maintenance lorsque l’usage n’est pas permanent. Les micro-stations et autres dispositifs doivent être évalués pour leur aptitude à un usage discontinu.
Interdictions majeures : l’arrêté du 12 juillet 2024 rappelle les usages prohibés des eaux impropres à la consommation humaine, notamment pour les usages alimentaires et l’hygiène corporelle. Ces interdictions doivent figurer dans le dossier projet et dans les notices d’utilisation pour les occupants.
Qui contacter et quelles démarches lancer
Interlocuteurs à solliciter : la mairie pour la déclaration selon l’article L2224-9 ; le SPANC pour la conformité des dispositifs d’assainissement non collectif ; l’ARS pour les questions de potabilité ; le BRGM et DUPLOS pour les déclarations au titre du code minier et pour l’accès aux données géologiques.
Actions pratiques recommandées : rassembler les documents locaux (plans, règlement SPANC), demander les récépissés de déclaration, vérifier l’agrément des dispositifs envisagés via les canaux officiels, et obtenir les avis des autorités compétentes avant toute mise en œuvre.
Il est conseillé de préparer des dossiers complets pour les consultations : diagnostic, plans, études de faisabilité et liste des équipements projetés, en distinguant clairement ce qui relève des préconisations constructeurs et ce qui relève des prescriptions réglementaires.

Journaliste · business, marketing, innovations technologiques
Lucas s'intéresse à l'intersection entre le business et la technologie. Pour vérifier ses informations, il croise différentes sources et consulte des experts du secteur, garantissant ainsi une information de qualité.



